On ne l'attendait plus sur mac depuis la sortie de Shadow and the Flamme en 1993, le Prince est de retour ! Combats à l'épée et acrobaties en tous genres seront de la partie !
Si vous avez un peu suivi l'histoire vous le savez déjà, sinon pour faire vite, le premier Prince of Persia est sorti en 89 exclusivement sur mac au début puis sera porté sur PC et différentes autres plateformes. Le 2e opus suivra de près en 93.
Puis après un certain silence, Prince of Persia 3D sera parmi les premiers jeux d'aventure à faire un pas dans la troisième dimension. Malheureusement, il est bien maladroit et très vite éclipsé par une certaine Lara Croft qui se débrouille nettement mieux que lui en mouvements de caméra. Pour faire simple, Prince of Persia 3D était limite jouable, très désagréable à contrôler et mal calibré, tous les défauts inhérents aux débuts de la technologie 3D.
Sauf qu'en 2001, Ubisoft rachète les droits de la licence et se lance dans une nouvelle trilogie: les sables du temps. Composée de trois opus: Les Sables du Temps, L'âme du Guerrier et Les deux Royaumes, cette nouvelle série, qui donnera lieu à une adaptation au cinéma en cours de tournage actuellement (nous sommes en avril 2009, je parle ici à ceux qui nous liront et qui auront déjà pu constater que le film est un navet... Oui je suis comme ça je parle dans le futur moi !). La trilogie des sables du temps fut donc close à la fin de son troisième opus: le prince était devenu roi. Car c'est le principe des Prince of Persia, on ne peut pas rester prince indéfiniment, les deux premiers sont donc la première série, le 3D en est une autre et les sables du temps sont la troisième. Or si je vous parle de tout ça, c'est parce que ça n'a rien à voir avec ce jeu là.
En effet, Ubisoft Montréal a pris le parti de recommencer à zéro à nouveau avec une nouvelle trilogie.
Exit donc le Prince des Sables du temps, exit le Prince des deux premiers, vous voilà dans la peau d'un nouveau Prince prêt à devenir lui aussi roi de perse et à conquérir le cœur de la princesse, sauf que cette fois ci c'est un voleur et pas un prince...
Il faudra donc devenir Prince avant de devenir roi.
Comme dans les sables du temps, votre princesse est une guerrière, cette fois ci son nom est Elika, elle pratique la magie et vous suivra tout au long de l'aventure, vous sauvant la vie toutes les cinq minutes. Dans les quelques premières minutes du jeu vous découvrirez pourquoi, mais voilà le soucis: le Dieu maléfique Arhiman et ses séides se sont échappés de leur prison millénaire, à vous de les y remettre.
Je ne vous en dirait pas plus parce que ça ruinerait un peu la découverte de l'histoire.
Autant vous le dire tout de suite, le jeu est presque parfait, je ne vous le cache pas plus longtemps et je vous en reparlerait, mais il a tout de même un défaut.
Ça n'est peut-être que mon avis, mais les personnages sont lourds. Elika ramène toujours sa religion dans tout, tout est la volonté d'Ormadz le dieu de lumière, tout ce qu'on fait c'est grâce à lui et tout le mal c'est la faute des méchants, en particulier du dieu des méchants: Arhiman...
Après quelques heures de jeu je vous assure que ça peut devenir pesant, surtout quand l'autre personnage, le Prince, est aussi un gros beauf qui sort des vannes machistes "les femmes, les dieux maléfiques, les monstres... Tous pareil !" et qu'il n'arrête pas de fantasmer sur les prêtresses et l'or alors qu'il a cette princesse touchante au possible sous les yeux...
Non vraiment, si le jeu pour moi devait n'avoir qu'un seul défaut c'est bien celui là: les personnages sont bien faits, mais énervants, et souvent desservis par des acteurs qui sont parfois à un kilomètre dans le ton qu'ils emploient de ce que la réplique veut dire, pour ne pas leur taper dessus gratuitement, je donne un exemple: le prince tombe et appelle au secour "Elika !" rien de mal à cela si ce n'est que l'acteur qui fait sa voix le dit avec un ton enjoué genre "ah bah tiens Elika je suis bien content de te rencontrer alors que je suis en train de tomber dans un trou". Rajoutez par dessus ça un bon nombre d'allusions complètement anachroniques "j'ai lu une enquête récente sur le nombre d'accidents causés par une crevasse".
Si certaines peuvent être drôles, l'univers profond et magique du jeu ne se prête pas tant que ça à la rigolade, surtout quand le Prince pointe du doigt les défauts du jeu "Tiens, elles sont bien placées ces crevasses, comme si on les avait mises là pour qu'on puisse monter" ou encore quand un icône de dialogue apparaît le prince dit à Elika "je ne sais pas pourquoi on discute alors qu'un dieu maléfique essaie de s'échapper" pas forcément drôle, cette réplique vous ramène surtout à votre condition de joueur "c'est vrai ça, on est pas pressé en fait ça n'est qu'un jeu"...
Maintenant qu'est-ce qu'un Prince of Persia ? Ce sont des combats et des acrobaties et que ce soit dit: les acrobaties sont parfaites, on saute dans tous les sens à l'aide d'un système qui s'il corrige parfois un peu trop vos mouvements ("mais je voulais sauter par là, pourquoi il veut pas ?!") pour vous guider dans le droit chemin, le simple fait d'admirer le Prince exécuter des mouvements surhumains dans des niveaux élevant le level design au rang d'art est un plaisir difficilement descriptible à ceux qui n'ont pas joué à Prince of Persia. Cette liberté folle qui est laissé au joueur, encore plus fortement que dans les sables du temps est tout bonnement fabuleuse.
Les combats sont aussi très bien réalisés, le Prince et Elika forment une équipe parfaitement coordonnée, les combos s'enchaînent bien et si certains boss seront longs et très méchants, faut les comprendre c'est aussi leur métier !
Si le jeu est évidement un poil en dessous des versions consoles graphiquement parlant, il n'en reste pas moins splendide, un de ces rares jeux où l'on s'arrête pour regarder le paysage autour de soi, le style graphique complètement onirique dans un univers parfaitement sublime et très bien calibré est touchant, vraiment. Comme une peinture ou un film devant lequel on aimerait y être, mais devinez quoi, vous y êtes presque.
Vous devez donc purifier le monde, d'abord faire les niveaux corrompus en évitant les pièges puis les refaire une fois purifiés pour récolter les sphères de lumière ("les trucs de lumière" comme les appelle notre ami le prince inculte) qui serviront à acheter les pouvoirs permettant à Elika d'accéder à de nouvelles zones.
Si les légendes et les décors sont vraiment magiques, l'histoire ne réserve pas tant que ça de surprises, elle se déroulera en grande partie lors de dialogues facultatifs avec Elika (une petite icône vous indique que vous pouvez lui poser des questions). Sans ces dialogues je comprendrais qu'elle puisse paraître légère mais mes rendre facultatifs ou déclenchables au moment de votre choix est une décision plutôt habile pour ne pas imposer au joueur des tonnes de dialogues souvent inutiles pour la progression.
Une des décisions les plus controversées dans l'élaboration du jeu c'est l'impossibilité de perdre: on peut rater mais on ne peut pas mourir, votre petite copine magique vous sauve à chaque échec et si cela facilité le jeu, ça permet aussi de rendre les choses plus compliquées pour compenser.
En fait ça n'est pas bien compliqué: le jeu ne fait rien à votre place, il vous pousse simplement à avancer toujours plus loin en vous ramenant à la terre ferme à chaque erreur. Ne vous inquiétez pas trop quand même: il y a souvent de longues séquences de jeu sans plate-forme au bout desquelles l'échec a quelque chose de frustrant puisqu'on s'habitue vite à ne pas rater "quoi !? 1 minute de jeu entière à refaire !? C'est une honte !"
Le jeu est un portage Cider, c'est à dire un jeu PC avec un virtualiseur, si la transition se passe plutôt bien pour Prince of Persia, on remarquera quelques ralentissements aux moment des chargements. Comptez deux ou trois bugs entre le début et la fin du jeu, dont les implications sont relativement mineures grâce à la sauvegarde automatique. Oui, la techologie Cider n'est pas parfaitement au point mais elle l'est largement assez pour profiter pleinement de l'aventure magique qu'offre Prince of Persia.
Parfaitement compatible avec les manettes mac, je vous recommande plus que chaudement d'y jouer avec une manette à deux stick analogiques pour une vraie immersion. Le jeu est évidemment développé pour console et vous passeriez à côté de pas mal de sensations en essayant de vous débrouiller avec le clavier et la souris.
Bouclé en 6h en courant, 10h avec les dialogues et une quinzaine pour récolter toutes les sphères de lumières, Prince of Persia est une aventure dont la qualité ne saurait être jugée à l'aune de sa durée de vie, inutile de faire trop long et il évite (quoique de justesse) de nous laisser sur notre faim.
|
Le positif
Le plus beau jeu sur mac à ce jour Un univers de légende et de rêve unique Des niveaux vraiment intelligents Facile d'accès |
Le négatif
Des personnages pas très charismatiques Un si bon jeu qu'on aimerait qu'il dure plus Un peu linéaire par moments Quelques soucis de fluidité |
9Très Bon |
Vous savez, Prince of Persia est un de ces jeux tellement peaufiné que même les choses avec lesquelles on est pas d'accord semblent toutefois logiques et le résultat d'un choix plutôt que laissées là par mégarde, antithèse d'un jeu bâclé, Prince of Persia est si peaufiné qu'on en reste rêveur, un aventure à manquer sous aucun prétexte. |
6Moyen |
Votre avis sur le jeu: Merci de vous identifier afin de donner votre avis |